Ces artistes collagistes

Dans le cadre des Journées de la culture, la Galerie Maison Kasini proposait à ses visiteurs de s’initier au collage en compagnie des artistes collagistes, Px(c) (alias Benoit Depelteau) et Carl David Ruttan. J’en ai donc profité pour les rencontrer et échanger à propos de leur travail.

Carl David Ruttan nous proposait une série bien singulière qui est née d’un voyage en Inde et en Asie il s’est développé un procédé de création adapté au mode de vie nomade (du voyageur). Ses œuvres qui ne tiennent que sur un carton de la dimension d’une carte de hockey évoquent le récit de voyage. Nous avons probablement tous eu cette réaction de conserver des fragments de voyage; coin d’une étiquette de bière, découpe de journaux en langue étrangère, emballage de cigarettes ou billets de trains, bref ce sont justement ce type d’artefact avec lequel Carl David Ruttan a travaillé. L’assemblage finale ne nous est pas complètement étranger puisque les codes de la culture populaire sont similaires au travers la planète (couleurs saturées, typo, etc.), mais la langue d’écriture et les repères visuels nous informent que les images proviennent d’outre-mer.

Quant à Px(x), je qualifierais ses collages « d’arme de dérisions collectives ». Par le biais d’illustrations et de photos plutôt stéréotypées, il nous invite à poser un regard à la fois critique et humoristique sur notre société. Ses images sont généralement dénichées dans de vieux magazines, puis utilisée pour créer des compositions et des mises en scène kitch dans lesquelles les motifs à fleurs ou à pois abondent. Conscient que la technique de collage évoque l’activité de scrapbooking*, Px(c) exploite ce filon et il réussit avec brio à nous amener ailleurs. Enfin, soulignons que Px(c) collabore également avec le collectif international The collage box afin d’accroître la visibilité des collagistes au travers le circuit des galeries et des lieux de diffusion.

Les participants avaient donc de quoi se laisser inspirer, la présence des artistes tout autant que l’activité semblent avoir suscité la curiosité de plusieurs. Merci aux visiteurs qui m’ont permis de photographier leur œuvre en devenir. (Voir la vidéo)

*(Notons que le terme francophone est le collimage, mais bon…)

Katherine