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8 juin 2011
Guillaume Lépine réalisera une oeuvre abstraite en direct ce soir dès 17h au Lion d’Or, lors du lancement du mémoire de Génération d’Idées. Natif de Sorel, artiste rigoureux et designer graphique, Guillaume a des idées bien fermes sur la création, qu’elle se déroule devant un ordinateur ou devant une feuille blanche et quelques pinceaux.
Guillaume, pourquoi as-tu commencé à faire de l’art?
Je me suis inscrit en graphisme au Cégep après avoir fait un test d’orientation. J’y suis entré en contact avec des professeurs qui étaient plus artistiques et j’ai découvert un monde dans lequel je me sentais bien, un peu sans fin, et très méditatif. Par le biais de mes professeurs et de rencontres, j’ai commencé à découvrir des artistes, des images, d’abord en design et ensuite en art. Depuis la deuxième année de cégep, je fais un peu d’art, un peu de design, mais depuis un an et demie j’ai décidé de les dissocier. La raison est simple: le design à la base est fait pour communiquer avec les autres, pas pour t’exprimer. Je ne diminue pas la portion créative du design, mais au départ, c’est les lumières dans les rues, les « stop », les pancartes pour aller aux toilettes. Le design est la communication de base. En art, tu n’as pas de comptes à rendre, pas de contraintes, pas de patrons, pas de notes. Faire de l’art dans un contexte non scolaire, ça me donne une liberté que j’aime vraiment.
Y-a-t-il une oeuvre en particulier qui t’as donné le goût de faire de l’art?
Les grandes élipses de Richard Serra. Ça va plus loin parce que c’est monumental, ça ne s’est jamais vu, c’est impressionnant, et c’est tellement simple. Ça n’a jamais besoin d’être compliqué en art. Son propos est que la sculpture doit te forcer à te déplacer pour avec un contact complet avec elle. Les sculptures qu’il fait sont tellement gigantesques que tu ne peux pas tout voir d’un coup, tu dois te faire le tour et entrer à l’intérieur pour tout voir. Il y a une notion de mouvement là-dedans qui me plaît.
Est-ce qui t’arrive de faire quelque chose de purement esthétique, sans propos?
Oui, mais dans ce cas je le vois comme une recherche plastique au niveau du trait, du langage. C’est dûr de dire: « je vais parler aux gens d’une certaine manière » alors que tu ne sais pas comment parler. Tu dois développer la façon dont tu travailles tes images. En ce moment, je développe un langage pour un jour pouvoir dire mes choses. Je n’ai pas de propos ou de grande réflexion derrière tout ça. Je suis à l’étape de douter ou de me questionner sur ce que je fais. D’après moi, je pense qu’un artiste a réussi lorsque tu reconnais son travail, peu importe il touche à quoi.
L’internet change vraiment la manière dont nous interagissons avec les oeuvres. Voir une oeuvre en vrai, ce n’est vraiment pas la même chose que devant un écran d’ordinateur…
Il y a quelque chose de vraiment intéressant dans tout ça: est-ce plus important de documenter des oeuvres d’art que les oeuvres d’art en tant que tel? La documentation sera vue 100 fois plus que l’oeuvre en soi. Mais quand on voit une oeuvre en vrai, on est placé dans le même contexte physique que l’artiste qui l’a créée, et rien ne remplace ça.
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