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20 mars 2011
Vous êtes compétents et constamment en voie d’acquisition de nouvelles compétences. Vous avez fait plusieurs listes, mentales ou écrites, de ces compétences, de vos objectifs, des actions à poser … mais quelque chose cloche. Qu’est-ce qui nous bloque ? Quels sont les péchés de l’artiste ? Au choix : la paresse (on remet au lendemain), l’orgueil (besoin de contrôle absolu, anxiété du perfectionniste), l’envie (les pratiques des autres nous semblent bien meilleures), etc.
Quels sont les obstacles qui nous empêchent de faire ce qui doit être fait : entrer dans le studio, s’organiser, préparer une exposition, collaborer à un projet, rédiger une démarche artistique? Quelles sont nos habitudes toxiques, nos excuses chroniques ? Quels sont les zones de confort qui nous retiennent?
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Conseil no 5 : concilier les contraires
21 décembre 2010
L’artiste est un animal bigarré qui navigue constamment dans le paradoxe. D’une part, il est appelé à créer et produire selon son inspiration, d’une manière souvent irrationnelle et suivant l’impulsion du moment. D’autre part, il doit aussi se promouvoir, communiquer, planifier et s’organiser pour survivre. Le monde réel de l’artiste existe à la rencontre de ces contraires. Bien qu’il soit important de ne pas faire de compromis sur certains trucs, de respecter ses limites, il est aussi essentiel de se mettre d’accord sur certaines choses, sans toutefois se compromettre. On ne vit pas dans un monde idéal, il faut bien faire la part des choses, établir des priorités, des objectifs, savoir où l’on veut être dans 5 ans, puis 10 puis 40. Même si ces plans risquent d’évoluer en court de route, ils nous amènent à construire quelque chose de concret, et nous évite de dilapider nos énergies dans toutes les directions, ce qui ne mènent nulle part.
Conseil no 4 : prendre une pause
19 octobre 2010
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Dans notre désir de plaire à tout prix, nous pouvons parfois nous sentir oppressés par le nombre de choses à faire au travail, à la maison comme au studio. Quand ça m’arrive, que j’ai envie de paniquer alors qu’il ne semble pas y avoir assez d’heures dans la journée pour accomplir tout ce dont j’ai envie, j’ai un réflexe en apparence irrationnel de prendre une pause. À chaque fois, ça marche. Je reviens à la charge reposé, la tête libre, inspiré et mon travail se fait plus facilement. Les pauses sont salutaires, elles nous permettent de prendre un peu de recul et surtout de faire descendre la pression qui s’accumule lorsque nous sommes dans l’action. La meilleure pause est peut-être la pause sportive, elle nous aide physiquement bien entendu et surtout mentalement. C’est comme si on ajoutait de l’espace dans la tête, pour mieux penser et mieux se concentrer. Peut-être que la rentrée est devenue le nouveau nouvel an ? J’ai envie de prendre des résolutions, comme faire plus d’exercice, et manger mieux, éviter les excès …
Pour pouvoir profiter d’une pratique artistique ET survivre dans le monde moderne, il faut être solide, se construire et se reconstruire sans cesse.
page conseil
3e conseil : s’organiser
14 juin 2010
voici deux extraits de mon troisième conseil pour jeunes artistes, qui porte sur la gestion du temps et de l’effort, l’importance de l’agenda et de l’équilibre entre ce que nous voulons faire et la vie de tous les jours ..

« L’agenda est un outil sous-estimé par plusieurs artistes alors qu’il sert à encadrer notre vie gentillement, de sorte que lorsque c’est le temps de peindre ou sculpter ou réfléchir, c’est le moment, on entre dans la zone et vlan, ça y est. Ensuite, toutefois, on n’oubli plus l’anniversaire de sa blonde ou son chum, perdu dans nos pinceaux, nos couteaux ou nos grandes idées .. on revient à la vie dont nous faisons partie nous aussi. »
« En s’organisant, en gérant son temps, on gère à la fois son effort et son plaisir. Au début, c’est naturel de dire oui à plusieurs choses qu’on arrive à peine à garder en tête. Nous voulons plaire, s’accomplir et se prouver aussi, bien sûr. Il est possible de dire « non, mon emploi du temps ne le permet pas ». On peut remettre à plus tard, nous avons déjà plusieurs engagements. Nous pouvons aussi réduire l’effort. Évaluer ce qui est négociable pour soi comme pour les autres. Il faut saisir la valeur de son travail et la valeur de la vie aussi. En calculant l’effort, on arrive à mieux se concentrer, mieux travailler. Il nous est possible de fournir un effort soutenu pendant un certain temps puis s’arrêter, abandonner l’activité et s’en remettre à nos « obligations » de tous les jours, qui constituent souvent d’une boufée d’air frais dans le cours de notre vie effrénée. »

